ARCHIVE

(UK / ROCK-ELECTRO)
Lundi 10 Juillet
Scène Paul Mas

Certains groupes ont naturellement tendance au grandiloquent, à l’exubérance, aux hymnes conçus pour retourner les stades. D’autres choisissent un chemin différent, plus doux, tricotant petit à petit une dentelle musicale sublime, un patchwork sensible qui trouve peu à peu une cohérence faisant leur force, leur intérêt. Loin des modes par essence éphémères, les britanniques d’Archive tracent ainsi leur route depuis quelques décennies, s’éloignant le plus possible de toute tentation de surenchère et posant une à une les briques d’un édifice protéiforme, dont les fondations trip hop se sont, au fil du temps, enrichies au contact des sonorités rap, rock, électro, krautrock, ambient voire progressive. Autour de ses deux créateurs, Darius Keeler et Danny Griffiths, le collectif bouge, évolue, se nourrissant au fur et à mesure des apports de celles et ceux qui l’intègrent pour un ou plusieurs albums, s’appropriant leur univers pour allumer une à une les étoiles d’un ciel flamboyant quoique fortement agité.

Son dixième astre, “The false foundation” sorti en fin d’année dernière, tout aussi lumineux et intense que ses prédécesseurs, rebat ainsi une fois de plus les cartes d’un jeu musical terriblement addictif. Laissant derrière lui les envolées pop rock de “Restriction”, paru en 2015,  Archive se prend à contre-pied, nous envoyant à bord d’un vaisseau confortable dans une galaxie paisible et onirique. Entre progressif et électro, le cru annuel d’Archive se déguste comme un délicieux, quoique parfois un peu sombre, nectar, de ceux qui procurent un plaisir immédiat tout en se réservant le droit de rester en nous bien longtemps après la dernière goutte. Il était somme toute fort logique, donc, que les orfèvres d’Archive viennent se poser au cœur de Valmy afin d’y déclencher leur feu d’artifices émotionnel et envoyer les Déferleurs dans une autre dimension, celle d’un plaisir enveloppant et délicat.  

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