Renaud

(FR / CHANSON)
Samedi 08 Juillet
Scène Mer

Longtemps on crut Renaud perdu pour la cause musicale, parti vers un ailleurs où ses chansons révoltées n’étaient plus d’actualité. Puis, presque par surprise, le phénix, porté par un mistral gagnant, supplanta mister Renard et, six ans après “Molly Malone”, album de reprises, et dix ans après “Rouge sang”, son dernier opus de compos en date, permit au chanteur énervant d’enfin revenir en studio, prélude à un retour sur scène. Toujours debout, le voici qui trouve à nouveau les mots qui touchent ou frappent, les rimes qui embarquent ou font sourire, petites bribes d’une vie faite de tendres révoltes et de douces mélancolies. Poète des maux d’une société  qui ne tourne pas rond, Renaud ne triche pas, ne se cache pas derrière de vagues faux-semblants, préférant toujours et encore prendre de front tout ce qui le bouleverse. Revenu des ténèbres, il se remet dans la lumière sans fard, un peu cabossé, un peu meurtri, encore fragile mais toujours aussi combatif, maniant comme une sublime politesse cette auto-dérision qui l’a en permanence accompagné. Reparti sur les routes pour une tournée marathon, il fait le plein d’émotions, communiant avec ce public qui ne l’a jamais oublié, jamais abandonné. Pour cette messe païenne, les gavroches de tous âges se sont donnés rendez-vous, juste pour avoir le bonheur de reprendre en chœur “Manu”, “Marche à l’ombre”, “Dans mon HLM”, “Dès que vent soufflera” ou bien encore “Manhattan-Kaboul”, autant de titres qui sonnent comme des déclarations d’amour chahutées, comme autant de retrouvailles joyeuses avec ce génial détrousseur d’illusions perdues, ce visage pâle qui a su si bien trouver les mots d’une époque. En servant à nouveau quelques verres de ce sirop de la rue si prisé par les gueules d’aminches, Renaud nous entraîne au plus près des auto-tamponneuses, là où les mélodies font sens et parlent à nos cinq sens. Et s’il lui vient à nouveau l’envie de demander c’est quand qu’on va où, une seule réponse s’impose : à Valmy pour partager avec tous les oiseaux de passage un petit moment d’amitié volé à l’éternité.

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